Lettre à Charlotte. 29 décembre 2005, 23 heures

Les mots de mon coeur tout simplement.
N'y voyez surtout pas de grande poésie.

 

 

Ma soeur chérie

Ce matin-là, ce triste matin du 19 mai,

la première chose qui m'a frappée

à ma sortie de l'hôpital,

c'est de voir la vie continuer autour de moi..

Comment tous ces gens pouvaient-ils parler et fonctionner...

comme si tout était normal... 

Les enfants jouaient... riaient..  se bousculaient...

Tout le monde était joyeux. 

J'avais envie de leur dire:

Mais qu'est-ce que vous faites? 

Pourquoi vous ne pleurez pas avec moi?

Comment pouvez-vous être heureux?

Pourquoi la terre continue de tourner? 

Ne voyez-vous pas ma souffrance?

Arrêtez-vous!!    

Il faisait soleil!  C'était une magnifique journée,

mais que de tristesse dans mon coeur..

La vie s'échappait de toi...  goutte à goutte... 

Et tout doucement, ton coeur fatigué

abandonnait le combat.  

Ta vie terrestre s'achevait maintenant

J'ai remercié Dieu d'avoir permis que tu n'aies jamais

eu à assister à pareil déchirement dans ta vie.

Voir partir une personne à laquelle on est si attachée...

et de cette façon, c'est tellement cruel.

Ma tendre Charlotte, te voir t'en aller...  agoniser...  

a été si difficile pour moi.

C'est la pire épreuve vécue de toute ma vie.

Tu emportais avec toi une partie de moi

toi, ma soeur...  ma meilleure amie...

ma confidente...  ma complice...

Non, personne ne pouvait le comprendre.

Je t'ai tenu la main...  jusqu'à la toute fin. 

Et les larmes ne pouvaient apaiser ma douleur.

J'ai pu te dire dans mon coeur à quel point je t'aimais..

Ton âme venait de s'envoler, ma soeur adorée

et j'avais le goût de m'en aller avec toi.

Je ne pouvais imaginer pourquoi

la terre entière n'était pas en deuil avec moi ? 

Personne ne comprenait donc ma peine infinie.

Ces inconnus riaient...  sans même me voir...

sans se rendre compte que moi, j'étais démolie... 

mon coeur était en lambeaux...

Je ne voulais pas le croire..

Tu n'étais plus là, ma soeur bien-aimée..

mon "unique" comme tu m'appelais

Comme j'avais mal !

Je rêvais...  j'allais me réveiller...

J'ai voulu te faire mes adieux, seule avec toi.

En t'embrassant, je t'ai redis à quel point je t'aimais.

Ma tête contre la tienne, je t'ai parlé à l'oreille. 

Je t'ai demandé de protéger les enfants,

et de m'aider à accepter ton départ.

Sans ton aide, je ne peux passer à travers

la douleur insoutenable que m'apporterait ton absence. 

J'avais l'impression d'être dans une bulle,

je voyais tout au ralenti,

je ne réalisais pas...

Mais comment ces gens ne pouvaient-ils partager

l'immense souffrance qui habitait mon âme. 

Qu'est-ce que le soleil faisait là ? 

Pourquoi le ciel était-il si bleu ?

Pourquoi il faisait si beau ?

Pourquoi il ne pleuvait pas ?  Pourquoi ?

Je pensais qu'en sortant à la lumière du jour,  

je verrais les gens tristes autour de moi...

et qui partageraient mon immense chagrin.

Puis en continuant à observer toutes ces personnes,

j'ai compris que chacune d'elle vivait sa propre vie

et cela n'avait rien à voir avec la mienne. 

J'ai aussi compris que j'étais vraiment seule,

puisque tu ne serais plus jamais là pour m'écouter.

Je regardais les enfants sur le trottoir... 

puis j'ai pensé:

" Soyez heureux...  Jouez !  Riez !  Amusez-vous !

Amassez  toutes les miettes de bonheur

que vous trouverez autour de vous.

Profitez de votre vie,

de tout ce temps qui vous est donné.

C'est le plus beau des cadeaux ! "

En voyant ces enfants s'amuser ainsi,

ça me rappelait nos années d'enfance, ma Charlotte.

Je nous revoyais toutes les deux...

partager de tels moments de joie et d'insouciance..

C'était le bonheur.  Et nous l'avons connu.

Le monde nous appartenait !

A toi...  à moi!

Je t'aime infiniment, Charlotte,

ma plus que soeur, mon "unique"

Tu es dans mon coeur pour la vie!

Jo xxx

 

                    

    

   
 

 

 

 

Chamminou vous invite et Juste pour toi ne sont pas responsables du contenu de cette page.